Ceci est une version légèrement corrigée de ma copie de philosophie. BAC STI2D - session 2025. Le fond et les arguments sont les miens, tels que rédigés le jour de l’examen.


Communément nous pensons que l’art est futile, qu’il nous est inutile de le créer. Que c’est une perte de temps et d’énergie. Nous pensons que l’art est abject, sans aucun fondement si ce n’est les folies de son créateur. Que l’art véhicule des messages haineux et sans aucune utilité à la société.

Cependant, contrairement à l’opinion commune, l’art ce n’est pas que ça. L’art peut aussi avoir du bon à tout niveau. Et cela peut soulever une question dans nos esprits qui est : avons-nous réellement besoin de l’art ? C’est à cette question que nous essaierons de répondre durant ce devoir.

Nous verrons dans un premier temps en quoi l’art n’est pas utile et que nous pouvons nous en passer, dans un second temps nous verrons que oui nous avons besoin de l’art dans une certaine circonstance. Puis nous synthétiserons tout cela dans l’objectif de répondre à la question posée qui est, rappelons-le : « Avons-nous réellement besoin de l’art ? »

I. L’art n’est pas utile

Dans un premier temps il est possible d’affirmer que non, l’art n’est pas utile. Que l’art ne nous est pas indispensable.

Premièrement, il est important de rappeler déjà la notion d’utilité. Si nous prenons la définition d’Alain, l’utilité d’un objet sous-entend que cet objet est un outil, qui sert à remplir une fonction technique dans le but de réaliser une tâche. Comme par exemple le marteau qui sert à remplir sa fonction d’aider à frapper sur un clou. L’outil ici n’est pas indispensable, car il est tout à fait possible de frapper un clou à la main. Mais il aide à réaliser une tâche. Or, est-ce que l’art peut aider à réaliser des tâches ? La réponse est non. L’art n’est pas un outil, il ne peut nous aider à faire une action. Et est donc par conséquent inutile, sans utilité.

De plus l’art peut prendre des formes absurdes voire offensantes pour certaines personnes ou groupes ethniques. L’art peut être utilisé à des fins de propagande par des États ou des groupes idéologiques. Comme les membres du Parti Nazi l’ont fait pendant le XXème siècle avec les affiches de propagande dénigrant les Slaves ainsi que bien évidemment les personnes de confession juive. Ces affiches peuvent être considérées comme de l’art car elles sont issues de l’imaginaire de l’artiste les ayant réalisées. Sur commande certes, mais cela reste une œuvre de l’esprit.

Ces affiches étaient très offensantes et servaient à prôner des idéologies extrémistes, ayant comme nous le savons tous entraîné la mort de millions de Juifs, et d’autres communautés.

II. Nous avons besoin de l’art

Dans un second temps, il est possible d’affirmer que oui, nous avons besoin d’art pour notre vie. Que l’art n’est pas aussi inutile que nous le pensons.

Déjà, l’art peut servir à véhiculer des messages positifs. L’art peut prendre plusieurs formes et il a autant de moyens de transmettre des messages qu’il n’a de formes. Si nous prenons par exemple le cas de l’art naturel, comme avec le Land Art notamment. Où l’artiste, Jim Donnovan, a dessiné dans le sable des formes circulaires, symbolisant les cellules de la mémoire. Il a pour cela usé de matériaux naturels qu’il a glanés autour de cette plage. Le but ici est de parler de la maladie d’Alzheimer et d’imager les dégâts qu’elle engendre. Par la métaphore de l’eau qui détruit les secteurs de sable circulaires. L’idée ici est de montrer au grand public — car ce n’était pas une œuvre que l’on pouvait aller consulter comme bon nous semble dans un musée local, non — le Land Art était une œuvre éphémère se faisant détruire seconde après seconde par son environnement. L’œuvre en elle-même n’a rien d’extraordinaire, car vue sous un regard lambda nous pourrions simplement dire que ce sont divers cercles placés par-ci par-là sur une plage et que l’artiste n’a aucune conscience dans ce qu’il fait. Mais nous pourrions nous tromper en faisant cela.

Car il est aussi possible d’affirmer avec certitude, qui ne sera que partielle si nous prenons la définition de Descartes, que l’art n’est pas que le fruit des folies de son auteur mais est aussi l’œuvre d’une recherche menée dans le but de réaliser son œuvre. L’artiste se distingue de l’artisan sur plusieurs points. Notamment celui de l’exécution des tâches. Car selon la définition d’Alain, l’artisan réfléchit à tout ce qu’il va faire avant de réaliser son œuvre, il élabore sa stratégie puis crée. Ce qui est en opposition avec l’artiste qui crée et ne réfléchit que pendant sa création. Cela peut donner une impression de naturel dans la création d’un artiste. Même si on pourrait croire que l’artiste et l’artisan sont en totale opposition, ils ont un point commun majeur : tous deux utilisent des techniques, parfois similaires, parfois opposées, mais ils usent des mêmes savoirs pour créer. Ce qui montre qu’être artiste est un métier.

III. L’art peut nous être utile

Dans un troisième et dernier temps, l’art peut nous être utile. Peut-être qu’il n’est pas aussi inutile qu’il n’y paraît.

Dans un premier temps il est bon de rappeler que l’art ne nous est pas forcément indispensable. Nous n’avons pas besoin d’art pour survivre à nos besoins vitaux, l’art n’est pas au même niveau que l’oxygène ou l’eau, et cela serait absurde de le comparer à eux. Cependant, l’art peut servir d’aide pour des personnes en ayant le besoin. L’art peut être une vraie thérapie. Si nous prenons l’exemple de la musique. Il est possible de mentionner des chanteurs outre-Atlantique tels qu’Eminem ou Nate Feuerstein (alias NF), qui ont tous deux subi durant leur enfance des choses horribles telles que des violences parentales, ou une exposition à la drogue dès le plus jeune âge, qui n’est pas normale et peut entraîner des dégâts psychologiques. Et l’art, prenant ici la forme de la musique, leur a permis de sortir de cet enfer et de vivre une vie normale. Si nous creusons un peu plus loin en prenant le cas de NF, il a été interné en thérapie pour dépression suite à des traumatismes d’enfance et les personnes en charge de ces soins lui ont demandé d’exprimer ses émotions à travers l’art, prenant ici la forme de chansons telles que Nate où il se parle à son lui d’enfance. Comme il le dit dans certaines chansons, « l’art est une thérapie pour moi ». Le sujet ici n’est pas la musique ni même NF, mais il est bon de rappeler qu’aujourd’hui il vit une vie meilleure, élevant ses enfants dans la joie et le bonheur, en grande partie grâce à la musique.

De plus, l’art peut nous être agréable. Déjà, qu’est-ce que l’agréable ? Car il est important de distinguer le bon, le beau et l’agréable. Le bon est une chose que l’on peut qualifier de morale. Comme par exemple il est bon d’aider son prochain. Cela désigne une action utile à quelqu’un d’autre en général. Le beau signifie un jugement de goût personnel sur la base de critères influencés par notre existence mais que l’on a tendance à qualifier de propres à chacun. Par exemple si l’on dit que cette voiture est belle, cela montre que ce véhicule nous plaît et que nous le trouvons beau à regarder, sur la base d’un jugement esthétique propre à nous, mais fortement influencé par notre éducation et notre vie. L’agréable lui est un sentiment que l’on a. Ce sentiment nous est personnel et montre que quelque chose nous plaît et nous procure un sentiment positif. C’est quelque chose que l’on peut retrouver partout. Par exemple il peut être agréable de regarder un match sportif. Il n’est pas forcément bon, il n’est pas forcément beau, mais il est agréable. Cette distinction qui nous vient tout droit d’un philosophe de l’Antiquité se prénommant Aristote est importante, car ces trois termes sont parfois mal interprétés et peuvent entacher le sens d’une phrase. Donc maintenant que nous avons la définition de ce qu’est l’agréable, nous pouvons supposer voire affirmer que l’art est agréable à contempler. Si nous prenons le cas d’un paysage naturel qui plus est, il peut nous faire ressentir un sentiment positif et est donc agréable à regarder. Cela est aussi valable pour une œuvre d’art telle que la peinture. Il peut être agréable de la regarder. Même si nous avons tous des goûts différents, il y a des normes communes, et l’opinion commune aura tendance à penser que la Joconde de Léonard de Vinci est agréable à regarder. Au même titre que d’autres œuvres comme le Radeau de la Méduse, Impression Soleil Levant, etc.

Enfin, il est important de rappeler que l’art ainsi que l’innovation technologique ne sont pas dissociables. Si nous prenons par exemple le cas du design automobile. Les voitures qui sont réalisées ont d’abord été pensées et imaginées par une personne. Cette personne a dessiné sans forcément penser à sa création et a voulu laisser son imagination prendre le dessus. Et cela peut parfois amener à des créations qui sont ensuite réutilisées dans le sport automobile ou même dans les voitures de série. Parfois, l’imagination et la créativité des personnes peuvent entraîner l’innovation et l’amélioration de situations. Avant tout objet conçu, il y a eu un dessinateur qui a imaginé le produit et l’a ensuite envoyé en fabrication. Et cela est valable pour tous : la chaise où vous êtes, le stylo que vous avez probablement dans la main, les murs de votre pièce. Tout a été pensé et créé selon un ou plusieurs designs, et à chaque fois la créativité a au moins une fois pris le dessus sur l’ingénierie pure. Cela signifie que l’art n’est pas inutile, l’art peut servir, et nous sert toujours, sans que nous le sachions forcément.

Conclusion

En conclusion, à la question qui nous a été posée, qui était rappelons-le : « Avons-nous réellement besoin de l’art ? », nous avons pu durant ces trois parties partir de l’opinion commune en démontrant que l’art pouvait être qualifié d’inutile, et qu’en plus d’être inutile il pouvait causer énormément de dégâts. Pour ensuite démontrer l’inverse, que l’art pouvait être utile et qu’il pouvait servir à véhiculer des messages. Notamment avec l’exemple du Land Art de Jim Donnovan prônant la recherche pour la maladie d’Alzheimer. Enfin dans un troisième et dernier temps il a été possible d’aborder l’aspect thérapeutique de la musique, en prenant l’exemple de NF, ou encore d’aborder le côté innovation de l’art.

Tous ces éléments peuvent nous permettre de conclure que oui, d’une certaine manière nous avons besoin de l’art, nous en avons besoin pour notre avancée technologique, pour notre santé mentale. Il peut nous permettre de nous évader un moment en prenant la forme d’un livre ou d’un film. Il peut nous permettre d’exprimer nos sentiments ou notre besoin de parler en prenant la forme d’un poème ou de la musique. En fin de compte la question n’est pas : avons-nous besoin de l’art ? Car la réponse, nous l’avons assez explicité, est oui, nous en avons besoin. En fait l’utilité de l’art ne remet pas en cause son intégrité. Ce qui compte vraiment c’est comment il est utilisé. Car utilisé à mauvais escient il peut être dévastateur, comme nous avons pu le voir pendant notre Histoire avec un grand H.

Et cela peut nous amener à nous poser une autre question, pouvant possiblement amener à la rédaction d’un autre devoir, qui est : « Pourquoi l’art nous fascine-t-il tant ? », et comme ça nous pourrons plus aborder l’aspect positif de l’art, en argumentant sur les différentes formes de l’art et ses bienfaits.


Sujet original : BAC STI2D — Philosophie, session 2025